Article paru dans 20 Minutes du 16 janvier 2020 - c'est comment la situation à Lausanne ?

par Lucie Fehlbaum/vsm - La Ville remplace la moitié des 500 panneaux indiquant un passage piéton au profit de versions féminisées et inclusives.

«A une époque, se déclarer féministe vous faisait passer pour une nana acariâtre et ringarde. Aujourd'hui, heureusement, la tendance s'est inversée.» Sandrine Salerno, maire de Genève, a présenté jeudi matin à la presse une action pour féminiser l'espace urbain: remplacer le bonhomme sur les panneaux indiquant les passages piétons par des femmes. Plus précisément, remplacer 250 des 500 panneaux existants à travers le territoire de la première commune genevoise.

Sur ces nouvelles signalisations, des femmes d'apparences diverses traversent le passage. «Il n'existe pas d'idéal qui nous représenterait toutes et cela permet d'éviter les stéréotypes», a indiqué Sandrine Salerno, dont l'année de mairie est placée sous le signe des projets égalitaires. Six versions existent donc, où l'on voit alternativement une femme enceinte, une femme âgée, une femme ronde, une femme arborant une coiffure afro ou encore deux femmes se tenant par la main.

Canton compétent pour ce panneau

L'office cantonal des transports a donné son accord à ce projet. «Je n'ai pas souvent l'occasion de l'exprimer publiquement, mais la représentativité égalitaire de notre société multiple est une conviction personnelle, a ajouté Serge Dal Busco, ministre des transports. Peut-être parce que j'ai trois filles que j'ai vu grandir et évoluer, affronter des difficultés inhérentes aux femmes.» Ce projet a été rendu possible car les panneaux «passages piétons» informent les passants, ils ne traduisent pas d'obligation. Dans ce dernier cas de figure, la signalétique est régie par la Confédération et donc, intouchable.

La pose des 250 nouveaux panneaux coûte au total 56'000 francs. Les panneaux masculins ôtés sont «stockés à la Ville, en attendant d'être rendus, peut-être par la prochaine législature, plus inclusifs eux-aussi. Il n'y a pas non plus d'homme-type», a souligné la maire.

DécadréE applaudit la démarche

Pour DécadréE, l'association qui prône l'égalité dans les médias, le projet de la ville de Genève est largement positif. «Un peu comme l'écriture que l'on tente de rendre plus inclusive, il s'agit ici de déconstruire une société androcentrée et d'y intégrer les femmes qui font aussi parti de l'espace public», explique Valérie Vuille, directrice de l'association. Elle note qu'il reste toutefois un aspect problématique: «On reste encore dans une répartition binaire des représentations hommes-femmes. Pourtant, le sujet est de plus en plus discuté au sein de la société».

Et à Lausanne?
Pour Léonore Porchet, élue Verte, il ne s'agit pas que d'un simple symbole. «Représenter des femmes sur des panneaux de signalisation a un réel impact sur notre monde», souligne la Lausannoise.
En plus de faire fi de l'idée selon laquelle l'homme serait la norme, ce projet est d'autant plus important: «sachant que de nombreuses discriminations viennent en partie du fait que les femmes sont invisibilisées de l'espace public», ajoute-elle.
A Lausanne, aucune initiative de ce genre n'est en discussion. Par contre, la ville a proposé quatre noms de femmes pour les nouvelles rues du futur écoquartier des Plaines-du-Loup. A savoir: Edith Burger, pianiste et chanteuse, Elisabeth Jeanne de Cerjat, co-fondatrice de l'Asile des aveugles, Germaine Ernst, artiste peintre, et Elisa Serment, pionnière du féminisme en Suisse. Actuellement, seuls 7,45% des rues portent le nom de personnalités féminines dans le chef-lieu vaudois. (Valentina San Martin)

 

 

 


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